Rapport national sur la situation de la jeunesse au Luxembourg : Vivre et grandir en ligne et hors ligne

Tous les cinq ans, un Rapport national sur la situation de la jeunesse au Luxembourg (Jugendbericht) est publié et présenté à la Chambre des députés. La 4e édition de ce rapport, placée sous le thème Leben und Aufwachsen in Online- und Offline-Welten (Vivre et grandir en ligne et hors ligne), a été présentée lors d’une conférence de presse le 9 mars 2026 par le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, et le Prof. Dr. Robin Samuel de l’Université du Luxembourg.

Grâce à une approche fondée sur des données probantes et sur un monitoring continu de la situation des jeunes de 12 à 29 ans, le Rapport national sur la situation de la jeunesse au Luxembourg est une analyse approfondie et actualisée des conditions de vie et des réalités quotidiennes des jeunes. À l’instar des trois premières éditions (2010, 2015 et 2020), le Centre for Childhood and Youth Research (CCY) de l’Université du Luxembourg a été chargé de la réalisation des travaux de recherche pour le rapport 2025.

« Les réseaux sociaux et les smartphones ont un impact direct sur la vie et le bien-être de nos jeunes. Le Rapport national sur la situation de la jeunesse au Luxembourg confirme qu’il était judicieux, dans le cadre d’une Screen-Life-Balance saine, de réduire l’usage du smartphone à l’école. En même temps, nous devons aussi créer, en dehors de l’école, des espaces et des possibilités pour que les jeunes puissent réellement se rencontrer, échanger et vivre ensemble des expériences enrichissantes. Le rapport montre toutefois clairement qu’il est nécessaire de mieux réglementer l’accès aux réseaux sociaux », a souligné le ministre Claude Meisch.

Depuis la parution du dernier rapport national en 2020, le contexte mondial a connu de profonds bouleversements. Les crises successives et les avancées technologiques rapides ont sensiblement modifié les attentes, les perspectives et les responsabilités qui incombent aux jeunes. Compte tenu du rôle central des médias et des technologies numériques dans le quotidien des jeunes et de leur influence sur leurs pratiques, le ministère avait également chargé l’Université du Luxembourg de porter un éclairage particulier sur les pratiques numériques des jeunes, afin d’alimenter ses réflexions et orientations stratégiques futures dans ce contexte.

Lors de la conférence de presse, le ministre a souligné l’importance de plusieurs constats-clés du rapport et expliqué quelles réponses y sont données dans le cadre de la politique de la jeunesse.

L’influence du smartphone et des médias sociaux

Les résultats du Rapport national sur la situation de la jeunesse au Luxembourg montrent clairement que le monde digital fait désormais partie intégrante du quotidien des jeunes. 68,5 % des jeunes sont sur les réseaux sociaux au moins 20 jours par mois, et 80 % passent au moins deux heures par jour sur les réseaux sociaux. Le digital influence la vie familiale, scolaire et sociale, ainsi que les loisirs. Il joue également un rôle central dans la construction de l’identité, la formation des opinions et les relations sociales, qui se déploient aujourd’hui à la fois en ligne et hors ligne.

Cette omniprésence des écrans s’accompagne d’une accélération du rythme de vie et d’un sentiment de perte de temps, notamment en lien avec les réseaux sociaux et la consommation de contenus digitaux. Beaucoup de jeunes peinent à se détacher de leur smartphone, souvent par crainte de manquer quelque chose (FOMO – fear of missing out). Les jeunes entre 12 et 15 ans apparaissent comme particulièrement vulnérables, leurs compétences digitales et leurs capacités d’autorégulation étant encore en développement.

Ces constats confirment la pertinence des mesures d’interdiction et de restriction de l’utilisation du smartphone mises en place par le ministère dans les écoles fondamentales, les maisons relais et les lycées en 2025/2026. Ils confirment également le bien-fondé des actions de sensibilisation menées auprès des jeunes et des familles dans le cadre de la campagne Screen-Life-Balance.

Le besoin de se rencontrer et de partager des expériences

Depuis le rapport de 2020, le quotidien de nombreux jeunes s’est profondément transformé. Les rencontres en présentiel sont devenues moins fréquentes. Les jeunes pratiquent moins d’activités de loisirs. Les occasions d’échanges spontanés et de moments partagés en face à face ont ainsi nettement diminué : seulement 13,3 % des jeunes de 12 à 29 ans rencontrent leurs amis au moins 20 jours par mois.            

Parallèlement, le niveau général de bien-être des jeunes est en recul depuis 2019 : environ un quart d’eux déclarent se sentir moins bien. À cela s’ajoutent des inquiétudes sociétales croissantes.

Ces évolutions mettent en évidence un besoin accru de soutien, de proximité et de véritables rencontres. Elles confirment l’importance des mesures mises en place dans le cadre de la campagne Manner Ecran – méi beweegen, entdecken, erliewen, qui vise à développer l’offre d’activités sans écran pour proposer aux jeunes davantage d’opportunités pour faire du sport, être créatifs, participer à des activités culturelles ou simplement se rencontrer. Un exemple récent est l’initiative MoVe du Service national de la jeunesse (SNJ), qui propose une offre sportive aux jeunes principalement pendant les vacances scolaires.

Un sentiment d’anxiété en hausse

Depuis 2019, le sentiment d’anxiété chez les jeunes de 16 à 29 ans a augmenté. En 2024, la crainte d’une guerre en Europe arrive en tête de leurs préoccupations avec 80,6 % des jeunes, suivie par la crainte d’une maladie grave (78,9 %) et la pollution de l’environnement (77,3 %) ainsi que le changement climatique (74,5 %). Les inquiétudes liées à la situation économique et à la sécurité personnelle ont également progressé.

Il est essentiel de rester à l’écoute des jeunes et de créer des espaces leur permettant d’exprimer leurs préoccupations et de participer aux débats de société. Les Services psychosociaux et d’accompagnement scolaires (SEPAS) et les maisons des jeunes sont déjà à l’écoute des jeunes. En complément, le ministère multipliera les initiatives permettant aux jeunes de s’engager activement dans les thématiques qui les concernent, telles que le changement climatique ou l’utilisation responsable des médias et des nouvelles technologies. En s’engageant dans des projets et des échanges sur ces enjeux, les jeunes renforcent leur sentiment d’efficacité personnelle et leur confiance dans leur capacité à agir et à avoir un impact.

Un large processus de consultation en vue du « Jugendpakt »

Le Rapport national sur la situation de la jeunesse au Luxembourg 2025 est un élément essentiel pour le processus de réflexion politique en vue d’un nouveau plan d’action national pour la politique de la jeunesse d’ici fin 2026 (Jugendpakt). Il s’inscrit dans un vaste processus de consultation déjà engagé avec les acteurs du secteur de la jeunesse et d’autres instances concernées.

Ce processus a été lancé en 2024, notamment avec les premières Assises du secteur de la jeunesse. En 2025, une tournée du ministre auprès des jeunes, organisée sous le thème Wou dréckt de Schong?, a permis d’échanger avec plus de 200 jeunes dans quatre régions du pays et d’identifier plusieurs axes prioritaires pour le futur Jugendpakt. Afin d’approfondir cette démarche de concertation, une série de groupes de discussion (focus groups) sera organisée pour explorer plus en détail certains thèmes mis en évidence par le rapport.

La consultation des organisations de jeunesse et des services pour jeunes sera menée via les différentes plateformes de coopération existantes. L’ensemble de ces contributions sera intégré dans l’élaboration du Jugendpakt afin de garantir un plan d’action fondé sur des données scientifiques, un dialogue direct avec les jeunes et une concertation étroite avec les acteurs du terrain.

Le nouveau pacte pour la jeunesse poursuivra la réorientation du secteur de la jeunesse en mettant un plus grand accent sur le développement d’une offre d’activités pour les jeunes.

Vers le Rapport national sur la situation de la jeunesse au Luxembourg : www.jugendbericht.lu

 

(de g. à d.) Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, et le Prof. Dr. Robin Samuel de l’Université du Luxembourg lors de la conférence de presse du 9 mars 2026

 

 

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