La punition corporelle ne fait pas partie des bonnes méthodes éducatives

La violence physique, même mineure, à l’égard d’un adulte n’est pas acceptée comme comportement normal et donne lieu à des sanctions dans toutes les législations du monde.

Quand il s’agit de frapper ou de gifler un enfant, par contre, de nombreuses cultures estiment que ces gestes sont acceptables s’ils ont pour objectif de corriger son comportement.

Il est pourtant clair que cette façon de corriger ou d’éduquer inculque à l’enfant le principe que c’est le plus fort qui a raison et que la violence dirigée contre un enfant est une chose normale.

Comment corriger un comportement indésirable ?

Il est indispensable que l’enfant comprenne pourquoi un comportement précis n’est pas accepté par les adultes. Un des objectifs de l’éducation doit être la compréhension progressive par l’enfant des comportements acceptables et de ceux qui ne le sont pas.

Les gifles, baffes ou autres coups de pied ne sont certainement pas propices à une meilleure compréhension de la situation. L’enfant va surtout retenir qu’il vaut mieux obéir à tous les ordres, aussi incompréhensibles ou illogiques qu’ils soient, de l’adulte qui frappe pour éviter d’avoir mal.

Ce type d’obéissance aveugle et stupide n’est pas ce qu’on recherche, puisqu’il lie l’obéissance à une personne, au lieu d’apprendre à l’enfant comment se comporter, même en l’absence d’un adulte.

Souvent le geste violent est représentatif de l’impuissance de l’adulte, qui ne sait plus quoi dire, quoi faire, pour que l’enfant lui obéisse. L’adulte est stressé par la situation et veut un résultat rapide, visible de son intervention. La discussion, qui est encouragée par le concept de la parentalité positive, est souvent beaucoup plus laborieuse. L’enfant ne comprend pas toujours, ou ne veut pas comprendre. L’adulte n’a parfois pas le temps d’argumenter en long et en large. Les deux sont parfois sous pression et inaptes à écouter l’autre…

Les gifles laissent des traces

Mais les gifles laissent des traces physiques, visibles quelques jours, mais aussi des traces psychiques. Devenus adultes, les enfants garderont le souvenir des gifles et de l’autorité quasi militaire de leur parent. Ce parent ne va jamais être un confident, un consolateur, un conseiller…

La recherche scientifique s’est également intéressée aux suites d’une éducation marquée par des gifles, des baffes et des coups de pieds et elle a pu mettre en évidence des suites dont ni les personnes concernées ni la société ne semblent être conscientes : une tendance nettement plus forte vers des comportements de violence, des suicides plus fréquents, des dépressions et des addictions aux drogues ou à l’alcool nettement plus fréquentes que parmi les adultes qui n’avaient pas été giflés pendant leur enfance.

(Exemples de recherches scientifiques : duRivage, N., Keyes, K., Leray, E., Pez, O., Bitfoi, A., Koç, C., … Kovess-Masfety, V. (2015). Parental Use of Corporal Punishment in Europe: Intersection between Public Health and Policy. PLOS ONE, 10(2), http://edulink.lu/9x0b. Bussmann Kai-D, Erthal Claudia, Schroth Andreas, « Impact en Europe de l'interdiction des châtiments corporels », Déviance et Société, 2012/1 (Vol. 36), p. 85-106. DOI : 10.3917/ds.361.0085. URL : https://www.cairn.info/revue-deviance-et-societe-2012-1-page-85.htm# ).

D’un point de vue légal, il est difficile d’interdire une éducation ponctuée par des gifles, puisque cela se passe le plus souvent dans le cadre familial, à domicile, dans des endroits où il est difficile de protéger les enfants. Néanmoins, dans des sociétés nord-européennes, les lois interdisant toute violence physique à l’égard d’un enfant rencontrent aujourd’hui des taux d’acceptation très élevés parmi toutes les couches de la population.

Entre 1979 et 2018, 54 pays ont interdit toute forme de punition corporelle, à commencer par la Suède en 1979. Au Luxembourg, elle est interdite dans tous les contextes institutionnels (crèches, foyers scolaires, écoles...) mais le code pénal laisse encore un peu de marge dans les familles, en ne prévoyant pas de poursuites judiciaires en cas d’usage de violence mineure (« la violence à l’encontre des enfants âgés de moins de 14 ans est interdite, « à l'exclusion de violences légères »).

La parentalité positive pour changer les comportements violents

Outre l’introduction d’une législation protectrice de l’enfant, la sensibilisation des parents à la parentalité positive peut constituer une bonne méthode pour changer les comportements éducatifs à court et à moyen terme.

Par parentalité positive on entend « un comportement parental fondé sur l’intérêt supérieur de l’enfant et le respect de ses droits, qui vise à l’élever et à le responsabiliser, qui est non violent et lui offre reconnaissance et assistance en établissant un ensemble de repères favorisant son plein épanouissement. ».(http://edulink.lu/sdz7)

Cette méthode sous-entend une éducation libre de toute violence physique ou psychologique, visant à promouvoir le respect et la discipline. L’objectif est d’établir des relations positives entre parents et enfants et à optimiser le bien-être ainsi que le développement de l’enfant. (Elisa Rodríguez-Gutiérrez, Juan Carlos Martín-Quintana, Miriam Cruz-Sosa « “Living Adolescence in Family” parenting program: Adaptation and implementation in social and school contexts », Psychosocial Intervention, 2016/2 (25)).

Le respect mutuel, l’épanouissement et la communication sont les mots clés d’une éducation positive. Pour y parvenir, il existe des méthodes qui consistent à apporter du soutien aux parents, afin de les encourager à optimiser au mieux leurs compétences éducatives.

Des informations plus détaillées à ce sujet, peuvent être trouvés sur les pages suivantes :

Informations générales (FR)

Triple P Positives Erziehungsprogram (DE)

 Council of Europe: Policy to support positive parenting (EN)

Recommandations du Comité des ministres du Conseil de l’Europe relative aux politiques visant à soutenir une parentalité positive

Position du Conseil de l’Europe (FR) au sujet du châtiment corporel

Liens utiles

Offres de cours de pratiques parentales positives à l’école des parents (Kannerschlass) : 

Le « Kanner-Jugendtelefon (KJT) » propose une écoute et une aide psychologique aux enfants victimes de violences à la maison :

L'Ombuds-Comité pour les droits de l’enfant (ORK) traite des plaintes et des réclamations au sujet des droits de l’enfant et essaye de servir de médiateur :

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