Les enfants souffrant de problèmes comportementaux seront mieux pris en charge dans et en dehors de l’école

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Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, a détaillé le 18 avril 2018 des solutions pour la prise en charge des enfants souffrant de problèmes affectifs et comportementaux.

Au cours de la récente tournée réalisée par le ministre auprès des quinze directions de région de l’enseignement fondamental, les enfants qui montrent un comportement problématique en classe ont été un thème de discussion récurrent avec les directeurs, les enseignants et les parents.

« Il ne faut pas dramatiser les choses », a mis en garde Claude Meisch. Il ne s’agit pas de stigmatiser chaque enfant remuant, ou la moindre querelle de cours de récréation. Pour les problèmes réels de comportement, le nombre de cas rapportés reste stable, mais les problèmes apparaissent parfois tôt, dès le cycle 1 et 2, et peuvent être de nature plus ou moins grave. Pour chaque enfant, une analyse précise de la situation s’impose, qui déterminera le type d’aide à apporter. 

Priorité à l’inclusion 

L’inclusion, qui permet à l’élève de suivre une scolarité régulière, reste une priorité. Le ministère investit énormément de ressources pour renforcer les écoles et leur permettre d’encadrer et d’intégrer efficacement les élèves à besoins spécifiques, dont relèvent les enfants souffrant de problèmes comportementaux.

Pour une partie des enfants qui présentent des difficultés plus graves, pouvant se traduire par des comportements agressifs ou déviants, la scolarisation s’avère pourtant impossible, au moins temporairement.

Une nouvelle voie d’encadrement en dehors de l’école

« Nous voulons offrir une alternative, avec du personnel plus spécialisé, quand la scolarisation 'normale' n’est plus dans l’intérêt de l’enfant », a expliqué Claude Meisch. Le ministère souhaite ouvrir une nouvelle voie d’encadrement en dehors de l’école. Un appel a été lancé fin mars 2018 aux prestataires du secteur de l’aide à l’enfance pour créer quelque 50 places décentralisées dans des centres de prise en charge socio-éducative intense.

Ces centres permettront de travailler de manière intensive et individuelle avec les enfants en détresse, afin de permettre à terme leur réintégration à l’école. Ils pourront regrouper un service de consultation, un centre de jour et un centre d’hébergement.

Des réflexions sont aussi menées concernant l’organisation et le développement des trois  centres psychothérapeutiques qui existent actuellement dans le pays. Un quatrième ouvrira prochainement ses portes dans le nord. Les centres psychothérapeutiques s’adressent aux cas de souffrance extrême, quand la santé mentale de l’enfant est affectée.

Plus de 400 postes créés pour renforcer l’école

À côté de ces offres spécifiques, de gros efforts sont faits pour améliorer la prise en charge dans le cadre de l’école. Ainsi, quelque 400 nouveaux postes sont créés :

  • au niveau local, 150 instituteurs spécialisés dans la prise en charge des élèves à besoins spécifiques (I-EBS) sont recrutés pour intervenir directement auprès des élèves, dont 59 sont déjà en place dans les écoles fondamentales. 56 postes sont créés dans les lycées pour les équipes socio-éducatives et les Services psychosociaux et d’accompagnement scolaires (SePAS).
  • au niveau régional, 40 postes ont été créés en 2017 et 35 en 2018 pour les équipes de soutien des élèves à besoins spécifiques (ESEB). Ces équipes conseillent les enseignants et peuvent assurer une prise en charge ambulatoire des élèves.
  • au niveau national, 127,5 postes sont créés pour les huit centres de compétences spécialisés, dont trois nouveaux centres sont respectivement consacrés au développement des apprentissages (dyslexie, etc.), aux enfants intellectuellement précoces et au développement socio-émotionnel.

Un centre de compétences spécialisé

Le Centre de compétences pour le développement socio-émotionnel se consacrera aux enfants éprouvant des difficultés d’ordre socio-émotionnel (troubles anxieux, troubles de comportement, troubles émotionnels etc.). Il constituera un centre de ressources non seulement pour les équipes de soutien (ESEB, Commissions d’inclusion etc.), pour les professionnels de l’enfance, pour les enseignants, mais aussi pour les élèves et les parents, qui pourront être guidés vers les prises en charge spécialisées. Il interviendra pour établir un diagnostic spécialisé et pourra offrir une scolarisation spécialisée sous forme de classes dans plusieurs structures à travers le pays.

 

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